LA FRANCE IMMOBILE

Le Visiteur et Comte Godefroy de Montmirail aurait été rassuré par le rapport de l’OCDE sur la mobilité intergénérationnelle dans les pays de l’Organisation. Lui qui se navrait qu’à Révolution les gueux devinssent les seigneurs noterait avec satisfaction que si le déterminisme social n’est plus aussi prégnant en République française que sous Louis VI le Gros, il faut encore plus de 6 générations à une personne du bas de la distribution des revenus pour en rejoindre la moyenne. Il y a pour mémoire 2 générations entre un père et son petit-fils. Seule la Hongrie fait moins bien. 

La faillite du système éducatif est souvent pointée du doigt. A juste titre. La part des NEET (not in Education, Employment or training) est de 17% dans la tranche des 18-29 ans en France contre 8% en Allemagne. Mais c’est une cause indirecte. Le travail reste le premier levier de l’ascension sociale. Il y en a d’autres, mais c’est partout le plus accessible. Sauf en France, qui se singularise par une proportion de la population qui travaille nettement inférieure à la moyenne OCDE (38,5% contre 49%). Cet état malthusien, organisé ou subi, du travail fait de celui-ci un quasi privilège en France, ce qui eut stupéfait nos Visiteurs. La seule dynamique démographique exige pourtant la création de 150K emplois pour stabiliser le taux de chômage du pays (800K nouveaux entrants et 650K sortants). 1M de chômeurs additionnels sont attendus au printemps 2021.